Lobby & Lobbyists

Etre lobbyisteTo be a lobbyist

La décision européenne en général, et la législation en particulier, obéissent à des règles complexes, justifiées par la nécessité de respecter la diversité européenne et l’équilibre des pouvoirs entre les institutions. Un observateur ponctuel du processus de décision européen sera toujours saisi d’une impression d’inefficacité ou d’absurdité. Une mauvaise photo.

Mais considérer le processus dans la durée permet de constater qu’il aboutit toujours, et dans des conditions somme toute honorables, à un compromis équilibré…pour ceux qui s’y seront directement impliqués. Un bon film.

Transparent mais complexe, ouvert mais lent: c’est le processus législatif européen. L’élaboration de la législation européenne est affaire de patience, de discussion et de compromis, de respect de la diversité des opinions et des intérêts, et d’humilité.

LES IDEES FRANÇAISES SONT, A BRUXELLES, SOUVENT DEFENDUES MALADROITEMENT

• A Bruxelles, l’ensemble des parties intéressées à une législation – fédérations européennes, associations professionnelles nationales, entreprises, ONG, syndicats, collectivités, etc. – est associé à l’élaboration des propositions et peut s’adresser directement aux différents législateurs européens lors de la phase préparatoire des textes. Le lobbying est non seulement accepté, mais encouragé. Il porte d’ailleurs le nom d’affaires publiques européennes.

• Si, comme l’a souligné l’étude de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris parue en 2002, le lobbying français s’est professionnalisé, sa démarche d’influence sur le débat européen doit s’adapter aux spécificités du lobbying européen.

• Les intérêts français restent plutôt inefficaces à peser dans le système législatif européen, en dehors de quelques brillantes exceptions.

Les raisons en sont bien connues à Bruxelles et peu à Paris:

– Une tendance à confier la défense de ses dossiers à son seul gouvernement,

– Une tendance à ne s’adresser qu’aux seuls décideurs français,

– Une tendance à intervenir tardivement en utilisant des arguments d’autorité,

– Une tendance à sous-estimer le poids du Parlement Européen comme législateur économique par rapport aux États membres, alors que le Conseil des Ministres n’est jamais qu’une seconde chambre parlementaire dans ce contexte,

– Une tendance à négliger la dimension multiculturelle du Parlement Européen.

D’un point de vue plus politique, il faut aussi tenir compte :

– D’une propension française à désigner les députés européens sur la base de critères nationaux plutôt que de compétence européenne,

– D’un émiettement des députés français dans divers groupes politiques, y compris les plus marginaux, aboutissant à un poids assez faible dans les groupes politiques européens influents.

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